10th July, 2020

Récit du marathon de Pol VANDEN BERGHE

Marathon au profit de la
“Olivia Hendrickx Research Fund”
Centre de Compétence Matériel d’Appui et Produits (CCMP)
YPRES – 5 novembre 2006

Chaque jour 84 Flamands apprennent qu’ils sont atteints d’un cancer. Les militaires ne sont pas épargnés par ce fléau qu’est cette terrible maladie. J’ai moi-même pu voir au sein de ma famille, mes parents, belle-mère et amis très chers qu’il ne s’agit pas toujours d’un combat égal. Je fus, tout comme beaucoup d’autres, confronté à un sentiment d’impuissance. Très vite ce sentiment céda sa place à un courant d’énergie positive.

Selon des enquêtes scientifiques il apparaît que le sport couplé à une alimentation saine et équilibrée forment un bon moyen pour armer notre corps contre le cancer. Dans l’exécution de mes fonctions précédentes de chef de Corps j’ai réalisé que différentes activités étaient organisées au profit de ‘Kom op tegen kanker’.

Dans tous ces mouvements d’actions sociales c’est tout particulièrement à l’ Olivia Hendrickx Research Fund que va ma grande admiration. L’Olivia Hendrickx Research Fund a été créée et est animée par Monsieur et Madame Hendrickx qui ont perdu leur petite fille Olivia atteinte d’une tumeur au cerveau. Il était inacceptable pour eux que les chercheurs dépendaient entièrement des subsides et n’avaient par conséquence, aucune chance d’accéder aux toutes dernières nouvelles techniques. Leur engagement et l’appui financier via leurs fonds rendaient enfin possible la recherche scientifique en matière de tumeurs cancéreuses cérébrales chez les enfants. J’ai eu le plaisir de rencontrer quelques patients atteints du cancer qui ont pu être aidés. Leur joie de vivre et leur reconnaissance m’ont encore plus convaincu qu’il était d’importance vitale que le Research Fund reçoive entièrement la chance de pouvoir déployer toute ses possibilités potentielles.

En tant que directeur du Centre de Compétence Matériel d’Appui et Produits j’ai voulu également réaliser une prestation sportive personnelle au profit de l’Olivia Hendrickx Research Fund. En m’appuyant sur le concept ‘sporten tegen kanker’ je me suis personnellement engagé à courir le marathon de New York le 5 novembre 2006.

I did it and I loved doing it!

Sunday, October 29th, on my way to “the best day of my life”! La préparation s’était idéalement déroulée. J’avais réussi, après mon accident d’il y a 5 ans, à reculer le seuil de la douleur. Il subsistait quand même encore une incertitude, mes vieilles blessures n’allaient-elles pas me mettre des bâtons dans les roues? De plus j’avais une certaine hantise de me blesser durant les dernières mises au point sur la route de ce grand événement. En tout cas l’engagement fut énorme: une recette de quelques 12.000 € pour la bonne œuvre. Mon objectif ultime était d’atteindre la ligne d’arrivée. Je voulais naturellement par ce biais montrer à mes nombreux collaborateurs l’exemple de l’engagement social et sportif.

New York se remettait à peine de la féerie d’Halloween et se préparait déjà à une autre grande fête populaire: The ING New York City Marathon. Le jeudi, vendredi ou samedi précédent l’événement 38398 participants devaient réceptionner leurs dossards au “Javets Convention Center” à Manhattan. Je fus également confronté là, à l’enthousiasme des coureurs et des New-yorkais en général. Une première forme de stress m’envahit et me rendit encore plus attentif pour ne pas encourir une stupide blessure suite à un tout aussi stupide faux mouvement. Je me limitais donc à faire du shopping en compagnie de mon épouse, cela la rendit quand même heureuse. Je décidais également de ne pas participer aux événements communs comme le “Friendship Run”, “The Marathon Eve Dinner” et the “Fireworks.

Le samedi soir, les premiers plans furent forgés pour le grand événement. Mon “fan-club” voulait absolument continuer à me soutenir dans les moments difficiles tout au long du parcours. Ils décidèrent d’installer des postes sur la 1st Avenue et sur la 60th street à Manhattan, après environ 25 Km de compétition. Notre amie Américaine, Julie, décida de m’amener en voiture vers le départ. Ainsi je ne devais pas passer des heures en chemin: une aide idéale.

Après un copieux petit déjeuner à base de pain d’épices je partis vers 07Hr en direction de“Staten Island”, le premier des 5 boroughs de NewYork sur le parcours. C’est là que le départ allait être donné sur le renommé Verrazano-Narrows Bridge. A l’arrivée dans la zone de départ, vers 0830Hr, je devais trouver ma place exacte de départ. L’ensemble était divisé en trois zones (bleue, orange et verte). Dans la zone bleue, la mienne, on bénéficiait de différentes facilités comme: petit-déjeuner, stands de boissons, assistance médicale,…. Une organisation professionnelle afin de permettre à 38398 participants de s’élancer en même temps à partir du pont à deux étages.

Vers 10Hr nous fûmes guidés vers l’endroit du départ. A 10.10Hr on entendit plus rien à l’entame de l’hymne national Américain. J’entendais uniquement encore le bruit des 8 hélicoptères qui allaient couvrir l’événement. Après le coup de départ libérateur on fut encore surpris pat le “salut” d’un Hercules de l’USAF volant à basse altitude.

La masse se mit en mouvement et l’adrénaline fissura mon corps des pieds à la tête. Un grand nombre de VIP et un live band nous ovationnaient. On du attendre un quart d’heure pour enfin pouvoir véritablement commencer à pouvoir se talonner et ce au propre comme au figuré. Le Verrazano Bridge vibrait fortement sous l’énorme masse en mouvement par laquelle je me faisais petit à petit aspirer. Enfin, après 8 ans je réalisais enfin mon rêve! On ne parlait pas beaucoup. Tout le monde se concentrait sur sa prestation en vue de la première côte.

Après deux miles (3,2 Km) nous arrivons à la fin du pont et courons tout droit dans les boroughs “Brooklyn” et “Queens”. Deux régions où je n’avais jamais mis les pieds durant mon séjour de trois années à NY. Juste après le pont le calme fut brutalement interrompu par une foule enthousiaste. Incroyable ! Une masse inimaginable est en train de nous encourager. A partir de cet instant cela ne s’arrêtera plus jusqu’à l’arrivée. C’est une véritable fête populaire. Des corps entiers de pompiers nous encouragent du haut de leurs grandes échelles déployées. Les communautés cléricales se sont rassemblées et nous ovationnent sous la direction d’orchestres. Le chant, le rythme, la sincérité et l’enthousiasme me fait penser aux gospels. Beaucoup de familles prennent part cette fête. Tout le monde est encouragé. Celui qui porte visiblement son nom est personnellement encouragé! Cette ambiance indescriptible est dans l’air tout au long du parcours du marathon. A certains endroits la police doit même écarter la foule pour nous permettre de passer; des scènes d’hystéries comparables au spectacle que l’on peut voir chaque été aux sommets des cols du tour de France dans les Alpes et les Pyrénées. La masse des coureurs et la foule en folie vous chasse vers l’avant!

Après 15 Km je suis confronté pour la première fois à mes blessures d’il y a 5 ans. Les muscles et les tendons de ma jambe droite commencent à me faire souffrir. Je me concentre sur mon rythme et j’essaie de quand même profiter au maximum de cette formidable ambiance. Heureusement l’entraînement m’a rendu très fort psychiquement. Je voulais et allais réussir…

Le “Queensborough Bridge” avec une sérieuse côte ne fait pas du bien à ma jambe droite. Après environ 15 miles (24Km) nous entrons dans le chaudron de Manhattan. Sur la 1st Avenue les spectateurs sont alignés sur 4 rangées et se bousculent pour apercevoir les coureurs. Mon fan-club m’attend à hauteur de la 60ème rue. Ça me fait du bien de pouvoir parler, de donner mes premières impressions et de manger un peu. Je prend le temps pour une conversation au GSM avec ma fille Sofie, qui restée en Belgique, suit tout via internet. Sans trop m’étendre sur ma douleur, j’entame les 18Km suivants.

A mon rythme je suis la très large 1ère Avenue. Heureusement des stands boissons sont organisés tous les deux miles (3,2Km). Je continue à apprécier les nombreux encouragements lancés par le stout aussi nombreux groupes qui jalonnent le parcours. Parfois, malgré ma douleur, j’essaie d’encourager les autres qui sont sur le point de jeter l’éponge. Je me force afin de continuer à courir sur mon propre rythme. Je m’étais promis de ne pas infliger un épuisement total à mon organisme (il faut lire: lundi je dois aller faire du shopping en compagnie de mon fan-club). Petit à petit j’aspire au passage dans le Bronx. Un quartier où, en tant que touriste, vous ne venez jamais. L’enthousiasme n’y est cependant pas moins prononcé. Au contraire, les habitants font de gros efforts pour “vendre” leur quartier. Ils ne se limitent pas aux encouragements mais ils nous proposent également des boissons supplémentaires et à manger. Le Bronx me semble plus propre que par le passé, c’est peut être depuis que Bill Clinton y a installé son bureau?!

Après le Bronx il me reste encore 5 miles (7,5Km), dont trois très raides. J’avance au caractère et à l’énergie. Les enfants atteints d’une tumeur cérébrale doivent souffrir beaucoup plus des années durant que moi durant ces quelques heures de marathon. Je veux aller au bout. A Central Park, notre famille d’accueil ne sent plus lorsqu’elle me voit passer à quelques kilomètres de l’arrivée. Julie et Drew ont couru le marathon il y a environ dix ans et savent parfaitement combien les derniers kilomètres sont les plus durs. A 1 mile de l’arrivée je retrouve le noyau dur de mes supporters. Ils sont également ivres de joies, l’objectif est en vue. Ils me donnent un drapeau Belge, celui-ci doit me booster dans les derniers hectomètres jusqu’à la ligne d’arrivée.

Le franchissement de la ligne est un moment de grande émotion. Dans mon euphorie j’oublie même de franchir la ligne d’arrivée officielle. Le speaker m’invite à franchir la ligne d’arrivée. Des émotions de douleur, de joie et de bonheur m’envahissent.

Mission accomplished: a modest contribution to the uttermost vital innovative scientific research into new therapies for fighting cancer amongst children.

I did it and I loved doing it! But it needs mentioning that without the support of all of you it would not have been possible to achieve my goal. Therefore, I would like to thank all of my friends, family, colleagues, acquaintances and sympathizers sincerely. A special thanks should be attributed to the Coburn and Engelmann-Ulfers families for hosting us in their lovely homes.

Salutations, Pol

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